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NOUVELLES ET PHOTOS d'ARGENTINE





17 décembre 2006 20:00

Bonjour à tous !!
J'espère que vous allez bien.
Je suis actuellement en France, entre Montpellier et Avignon.
J'arrive bientôt dans les montagnes jurassiennes.
Je vous donne rendez-vous à la salle des fêtes d'Apremont, le samedi 23 Décembre 2006.
Venez nombreux !!!
Si vous voulez apporter à boire ou à manger !!
Sinon, pour les sportifs, vous pouvez me rejoindre le samedi à la salle des fêtes de Charix (à côté de chez JB), à 10h ou 10h30, on fera tous ensemble la dernière et plus longue étape de ce tour du monde :
Charix-Oyonnax.
Pour les plus frileux, et les moins sportifs, vous pourrez venir nous retrouver chez moi :
au 9 de la rue A. Baudin à Oyonnax ! Vers les 11h.00.
On the road again!
Sylvain

12 décembre 2006 22:21

USHUAIA 54. 49 / 68. 21

La ville la plus australe de toute la planète.
La route se termine là , impossible d’ aller plus loin !
Et maintenant que faire ?
oui que faire après avoir atteint le bout du monde ?
Rentrer à la maison me semble une bonne idée.
Alors à très bientôt
Sylvain

25 novembre 2006 20:11

22 novembre 2006
EXPEDITION ACONCAGUA
Jour d’expédition numéro 11
5 heures du matin « Nido del condores » altitude 5575m
Camp de base pour le sommet 6962m
Je suis réveillé par la sonnerie de ma montre et le violent mal de tête matinal et quotidien. J’ai littéralement un étau qui depuis 3 matins me presse le crâne comme pour me rappeler qu’à l’altitude ou nous vivons, notre organisme n’est pas fait pour y rester.
Nous dormons là-haut dans notre caravane de survie en attente d’une acclimatation suffisante et surtout d’une fenêtre météo pour espérer tenter le sommet.
Nous sommes hors saison, il n’y a personne. Pas d’autre expédition alors qu’en temps normal, la montagne grouille de 600 à 2000 personnes jours pour seulement 30% de réussite.
Hors saison est aussi synonyme d’autonomie complète et de secours quasiment nul. Pas de gardien de parc, pas d’hélico (qui est arrive quand nous sommes partis), bref le silence de la montagne.
Nous sommes trois car Caroline a sans doute eu l’intelligence de ne pas monter plus haut que 5000m. Ce matin, je l’envie car du fond de mon sac de couchage ou l’étiquette indique -20 degré de protection, je regarde le plafond de notre petit refuge et il brille de mille paillettes gelées construites par notre respiration nocturne.
Sylvain dort entre nous deux et il a également entendu l’alarme. J’aperçois ses lèvres et ses narines dans la pénombre car le reste est couvert d’un bonnet le tout emmitouflé dans son énorme sac de couchage. Seul le nécessaire pour respirer dépasse.
Je ne vois pas Max mais je l’entends respirer fort accusant une obstruction nasale due à l’altitude. C’est simple, si tu prends de l’aspirine, tu t’exploses les vaisseaux et tu mouches des caillots de sang. Au début cela fait très peur, donc soit t’arrêtes l’aspirine du Rhône soit t’as mal au crâne.
Contrairement à hier, une petite brise vient lécher notre habitation et n’invite guère à sortir. J’appel Sylvain pour un complément de motivation mais je ne reçois qu’un « grmmmmrrmm » que j’interprète immédiatement en « rendors toi ou fait chauffer de l’eau ». Finalement je ne me rendors pas et j’attends, j’écoute, je pense au ralentis, que je vais finir par redescendre si nous ne montons pas au sommet aujourd’hui, tellement cette vie en haute altitude est contrastée.
A ces hauteurs, les températures varient en un instant de +15 degrés a -20 degrés. Le fait d’un nuage vous transpose de l’état de transpiration directement au gel de cette transpiration.
Nous ne souffrons pas du mal d’altitude et nous essuyons que les signes bénins du mal des hauteurs mais ce matin là, du fond de mon sac de couchage, je pense que nous ne sommes pas invulnérables.
Malgré notre stock inépuisable de bouffe lyophilisée et notre vie améliorée dans cette petite caravane squattée avec impertinence aux gardes, la vie à 5600m est rigoureuse. Je mets une nouvelle fois la main hors du sac pour regarder l’heure. 7 :02 . la voie du Kis me dit que c’est un peu tard pour partir faire un 7000m mais la température avoisinant les -15 degré de notre intérieur me fait rentrer immédiatement l’heure au fond du sac pour mieux penser qu’on est un peu fou d’avoir de telles entreprises
« Sylvain, Max, on se lève et on monte »
En dehors du Valandré (sac de couchage) Sylvain est d’une motivation exceptionnelle et ne montre aucun signe de faiblesse, il est devant nous avec le temps d’avance qui indique une constitution physique plus endurante que la notre. Max et moi nous sommes résignés à nous ranger derrière et à le regarder courir mais le jour du sommet, nous arriverons ensemble ou personne n’arrivera.
J’ouvre mon sac et sors les pieds en dehors. Tout est dans le sac de couchage, piles, lampes, chaussons, bonnets, gants pour ne pas trop souffrir en les enfilant au réveil. Je saisis ma tasse dans laquelle le thé bouillant de la veille s’est transforme en 1 cm de glace. Et flûte je le casse avec le dos de la fourchette pour que l’eau de dessous me fasse gober mes 2 aspirines matinales.
Mes camarades commencent a émerger doucement avec une lenteur qui nous a saisie depuis plus de trois jours maintenant. Je connais précisément le désagréable passage hors sac qu'ils vivent car j'ai a peine subit cette transition vers les -15 degré.
La caravane est exiguë et nos vêtements de protection au froid sont volumineux.
Les « excuses » et « pousse-toi » sont courant ce matin.
Je tente un riz au lait lyophilisé mais je suis à 2 doigts de tout vomir sur ma doudoune.
Sylvain tente de faire fonctionner le gaz qui tousse peut être par manque d'oxygène. Bref " il déconne complet ce gaz " lui lance Max.
La caravane fait 6m3 et nous devons respecter deux règles élémentaires : 1 l'apport d'oxygène suffisant pour ne pas s'asphyxier et évacuer le monoxyde de carbone produit par les réchauds et 2 une grande précaution à mettre en route des grosses flammes avec des habits énormes conçus contre le froid et non contre le chaud.
Donc généralement nous cuisinons avec des courants d'air glacials.
Ce matin, je n'avale qu'un thé et une barre de chocolat glacée. Sylvain 2 gâteaux de semoules et Max un cacao énergie. Nous partons pour 7000m depuis 5575m et 14 heures d'effort, enfin sur le coup nous partons un peu dans le gaz sans trop savoir ce qui nous attend et en plus nous défions la montagne par notre grasse mat. Avec le recul, nous en rigolons mais nous ne sommes pas très sérieux.
Max referme la porte de la caravane et coince le bas avec des pierres comme pour interdire au vent de l'ouvrir. Il est 7 :45 à ma montre et je ne sais encore pas que nous l'ouvrirons qu'a 21 :05 le soir.
Je pars en polaire agrémenté de 3 sous-pulls et j’ai froid. Je suis mes camarades comme un saltimbanque en mettant un pied devant l’autre. J’ai tellement froid que je ne prends pas l’initiative du cheminement. Je sais que le début est plat et que très vite le chemin devient raide vers un autre camp nommé « Berlin ». Nous montons dans l’ombre et le froid me saisis tellement même avec l’effort que je décide de mettre ma veste de survie. Il doit faire –35 degré. Nous arrivons à Berlin à 5930m. La différence d’altitude est insuffisante pour ressentir un changement de rythme respiratoire mais les premiers rayons de soleil viennent chauffer un peu nos visages poilus et burinés. Nous apprécions un thé brûlant pour mieux repartir vers l’ultime camp avant le sommet à 6400m. Nous avons le sentiment de monter rapidement mais les pas deviennent moins rapides et l’essoufflement s’accentue à mesure de la monté.
Nous prenons pleinement conscience de l’altitude où nous sommes lorsqu’il nous faut un pas pour 2 respirations. Nous atteignons l’altitude de notre tentative de la veille soit 6365m. Nous avions dus rebrousser chemin à cause d’un brouillard tempétueux qui redescend les pentes et congèle tout sur son passage.
La peur du froid ne nous avait jamais vraiment inquiété, mais sans nos vestes de survies encore elles, je ne serais pas assis à vous écrire. Nous n’avons pas réfléchis longtemps avant de redescendre tellement la violence du vent empêchait notre progression.
Aujourd’hui, le temps nous semble clément. Nous n’avons pas de prévision météo et notre isolement nous contraint à l’estimation avec toutes les connaissances acquises sur le terrain. En terme clair rien n’est certain, tout bouge trop vite, limite c’est grand beau, tu t’arrêtes faire tes lacets et quand tu te relèves, t’as perdus tes potes dans le brouillard. Pas rassurant tout seul perdu à 6000m alors on a les talkie-walkie de Lili « allo karl pour kilvain, t’es ou » « derrière toi » bon on arrête d’user les piles pendant les poses qui s’éternisent en montant. L’ambiance est très bonne et la proximité dans l’expédition qui provoque parfois des tensions humaines normales n’affecte pas nos relations. Chacun est très renfermé dans son univers tellement les conditions sont dures et nous tachons de mettre en communs notre meilleur. Nous sommes égaux dans les difficultés et dans les moyens de les affronter ce qui contribue a souder notre trio. Avec l’altitude et ces conditions rigoureuses, les caractères s’affirment et parfois nos diffèrent font des discutions animées et passionnées. En haut, tu réfléchis pas comme en bas, je me demande si tu réfléchis d’ailleurs, tu vis pas, tu survis. De ces 6400m nous devinons un col sur la droite du sommet. Nous, nous y engageons. Ce sommet que nous voyons depuis le bas et qui ne change pas de volume semble nous narguer. Nous atteignons le col en moins de 20 minutes pour atteindre le début d’un grand pierrier fertile à une graine de ski rocker. 2 Km de descente en petit cailloux qui faciliteront notre descente par la suite. Mais pour la monté c’est un peu plus loin que les choses se gâtent. Plus tu montes en altitude, moins c’est fréquenté (souvenez-vous du 70% d’échec) alors il n’y a plus vraiment de chemin et la progression se fait dans une pente de cailloux énormes en équilibre instables. Nous progressons les trois de front en envoyant derrière nous de très gros blocs. Nous avançons de 100 m heures, 200m heures, nous sommes presque à l’altitude où monter droit dans une pente de 60% devient un véritable calvaire. Il faut en plus faire attention à ta sécurité, tes camarades te regardent pour savoir si tu vas pas leur mettre une pierre sur la tête. Cela dure environ 3 heures ou 4 ou 5. Nous perdons complètement la notion du temps. Mon altimètre indique 6800 m et se révélera 100m trop bas. Une langue de neige vient atténuer notre calvaire. Nous pouvons cramponner et assurer nos pas. La partie n’est pas gagnée car il nous faut longer l’arrête sous sommitale. Cet altimètre me fait chier, j’ai envie qu’il nous reste moins de 100m. On se consulte et nous tombons d’accord sur le fait qu’il nous faudra moins d’une heure pour arriver au sommet. L’oxygène se fait de plus en plus rare, je compte maintenant 3 pas pour 20 secondes de » repos bonheur ». La progression est lente et nous arrivons presque au sommet de l’arrête. C’est très raide et seuls les bouts des crampons associés au piolet nous retiennent. Nous ne sommes pas encordés par économie de poids. Sylvain arrive le premier en haut de l’arrête et crie un « ouaou » de stupéfaction mélangé à de la peur et un gros sentiment de vertige. Nous comprenons vite en arrivant que derrière se découvre l’étendue infinie de l’argentine et que si tu tombes, tu fais une chute vertigineuse de 3000m en rebondissant 2 fois sur les corniches glacières. Donc t’as le choix entre les rochers face nord ou la glace face sud. Nous déciderons de longer cette arrête sans tomber en respectant les 3 pas 20 secondes. Dans quelques minutes nous sommes au sommet quand sylvain aperçoit la croix. C’est gagné. Un sentiment de réussite nous envahie malgré un épuisement avancé. Max nous fait remarquer qu’il est quand même 17 :30 et que l’on ne doit pas traîner. Photos et films achevés, nous débutons la descente à 18 :00 en suivant la course du soleil vers l’horizon. 21 :05, Max retire les pierres devant la porte de notre caravane, nous avons réussit...

12 novembre 2006 13:20

En Argentine tout change ...
Dès le passage de la frontière la différence est là.
Une belle route goudronnée me souhaite la bienvenue en Argentine.
Finies les pistes pourries, les hôtels super bon marché et les restos à tout va, finie la belle vie touristique à la bolivienne !!!
le niveau de vie du coté argentin est nettement plus élevé mais eux au moins ils connaissent le bitume ...!!!
J’ai quitté les hauteurs de l’altiplano pour passer de 4000 à 1000 mètres d’altitude !!
Une bonne grande descente de 200 km !!
Aujourd’hui je suis à Mendoza une belle petite ville pas très loin du Chili qui est bien réputée pour ses vins.
Ma visite dans cette région de Mendoza n’est pas œnologique ….
Je suis ici pour une certaine montagne au nom barbare d’Aconcagua (la sentinelle blanche en quechua)
C’est le plus haut sommet de tout l’hémisphère sud et de tout le continent américain 7000 mètres au dessus du niveau de la mer !!!
Il y a quelques mois, alors que j’étais encore au Pérou un certain JB de Charix m’a envoyé un mail qui disait à peu près ceci :
"salut sylvain, j’ai quelques jours de vacances en novembre, je viens te rejoindre en Amérique du sud, trouve nous quelque chose de sympa à faire."
Deux jours plus tard je lui répondais que l’on pourrait se tenter l’ascension de l'Aconcagua...
Depuis deux autre personnes se sont greffées à l’expédition : Caroline from La Pesse et Max from Choux.
Aujourd’hui tout est pratiquement réglé :
L’itinéraire, le matériel, la logistique et la bouffe pour les 15 jours d’expédition.
Il ne me reste plus qu’à résoudre quelques petits problèmes administratifs qui ne sont pas si petits que ça quand tu prévois l’ascension en hiver ...
J’attends l’arrivée des jurassiens et vamos pour l’Aconcagua.
a+ sylvain

ps : j’ai acheté mon billet d’avion retour !!!
et oui il fallait bien que ça arrive un jour ...
donc je serai sur Oyo le samedi 23 décembre 2006
réservez votre soirée car tout le monde est invité le soir même à fêter mon retour (salle des fêtes d'Apremont) pour plus d’info contactez.

Olivier au :   06 75 22 22 27
ou Julien au : 06 07 88 44 17

sylvain

 
2005 Cycles D. GUEDON - webmaster   jb   mise à jour   le 17 décembre 2006